Lui, c'est Raul REYES, le porte-parole des FARC, le mouvement qui retient Ingrid Bétancourt en otage.
Dans cette interview, il explique son geste.
-ANNCOL: "Pourquoi avez-vous retenu Ingrid Betancourt, la candidate à la présidence?"
-RAUL REYES: "Ingrid, voyez-vous, on l'a retenue car elle était candidate présidentielle dans le système de gouvernement colombien. On ne savait pas qu'Ingrid Betancourt avait la nationalité française, on ne l'a appris qu'après l'avoir retenue. Mais auparavant, elle n'était pas plus qu'une candidate présidentielle du même système, avec quelques nuances, quelques différences, surtout pour faire de la politique, pour faire concurrence à l'époque à Uribe Velez [ndlr.: l'actuel président colombien], à Horacio Serpa [candidat du Parti libéral], à Lucho Garzon [candidat de la gauche non violente, actuellement maire de Bogota].
"Ingrid n'était nullement candidate de la gauche ni une candidate luttant pour une Colombie distincte de celle d'aujourd'hui, non, elle était une candidate aussi dans son droit, il faut le reconnaître, de parvenir à la présidence de la République, avec un désir d'arriver à cette présidence.
"Mais elle n'était pas la candidate du peuple ni la candidate de la majorité ni la candidate opposée au modèle libéral ni la candidate de la paix. Il y a des gens qui pensent qu'elle était la candidate de la paix, ce n'est pas vrai.
"Mais il se fait qu'après sa capture, des mobilisations importantes ont surgi pour sensibiliser le gouvernement à l'obtention d'un accord et ces mobilisations pour obtenir l'échange humanitaire sont salutaires, elles nous semblent très bonnes, car cela peut contribuer à un accord qui permette la libération de toutes les personnes échangeables et la libération de tous les guérilleros et guérilleras qui sont dans les prisons colombiennes contre leur volonté."
ANNCOL : Quelle est la proposition des FARC pour l'échange des prisonniers ?
REYES : Depuis plusieurs années, les FARC ont maintenu leurs propositions d'échanges de prisonniers, qui consistent pour les FARC à offrir de livrer à l'État Colombien un certain nombre de prisonniers "échangeables", qu'ils soient politiques ou militaires.
Par exemple, en ce moment nous avons divers officiers de l'armée, qu'ils soient capitaines, lieutenants, sergents, colonels ou majors de l'armée et de la police, ainsi que des prisonniers politiques comme l'ancien gouverneur Alan Jara, l'ancienne candidate aux élections présidentielles Ingrid Betancourt, et trois agents de la CIA. Il y a 12 membres du Congrès de Valle, un ancien ministre d'État, et d'autres hommes du Congrès. Les FARC sont prêts à accorder la libération de ces personnes, contre la libération de tous les guérilleros hommes et femmes qui sont actuellement privés de leur liberté
ANNCOL (Agencia de Noticias Nueva Colombia)agence de presse officieuse de la guérilla des FARC
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SEMANA : Préparez-vous des attaques depuis Équateur ?
R.R.: Nous ne l'avons jamais fait. La Colombie est un pays de plus d'un million de kilomètres carrés : il y a ici toute la place nécessaire pour faire ce que nous avons à faire.
11/10/2005 - Semana, El Tiempo, Farc-EP, Nouvel Obs